Bonjour, chronique de ce roman en retour de lecture.
C'est un roman autobiographique qui raconte le traumatisme d'une enfant vi0lé€ par un jeune voisin de dix ans son ainé. La détresse de cette enfant est la première chose qui m'a marquée. Elle n'a pas les mots pour dire sa souffrance aux adultes qui l'entourent et se heurte à l'incompréhension de ce qui lui arrive.
Elle n'est pas traitée comme une fillette de son âge, est abandonnée dans son éducation par une mère absente, détachée de toute responsabilité. La petite fille évoque toute absence de soutien de la part des adultes qu'elle côtoie.
C'est cette souffrance intérieure qui est évoquée, même si la fillette n'aspire qu'à une chose : être aimée. Elle n'a jamais oublié, son corps est meurtri tout comme son âme par ce cauchemar sans fin. Un texte qui se veut court car il n'est pas necessaire d'en faire tout un pavé pour décrire l'insupportable.
Pourtant, je le trouve incroyablement écrit. Sans voyeurisme, la vérité crue nous est livrée sans concession. Une certaine pudeur s'en détache. Un sujet douloureux, difficile pour son auteur ou pour tout lecteur sensible et qui peut fortement toucher certains. Un récit poignant qui en dit long sur le silence qui entoure cette petite fille qui gardera à jamais dans sa mémoire traumatique enfantine son innocence perdue.
Bonne lecture amis lecteurs
Extrait : J'avais six ans la première fois. Il faudrait articuler une syllabe, une seule… quelques lettres qui s'utilisent dans les constats policiers ou journalistiques de cette sorte de faits divers, sans déceler la monstruosité de l'acte, le gigantesque, l'assassinat. A l'époque, je n'en connaissais pas le nom. La terre était battue, un homme goguenard à mes côtés. Ecrasée sous son poids, dans le noir, dans le froid, ma robe retroussée, avec mes soubresauts de poulets que l'on égorge, je halète encore… Réminiscence sans anesthésie de mon désarroi de fillette.

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